Chapitre 6.17L'hébergement web

Mettre un site en ligne.

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On en a déjà parlé, pour mettre ton site à disposition du monde entier, tu as besoin d'un serveur web. C'est un logiciel qui tourne en continu sur une machine allumée en permanence. Son rôle est de recevoir des requêtes, de les confier à ce qui sait les traiter, puis de répondre. Le tout de façon sécurisée et optimisée pour répondre le plus rapidement possible.

Désolé pour cette triste vérité, monter et maintenir tout ça toi-même est clairement au-dessus de ton niveau pour le moment. Et honnêtement, même quand on sait faire, on préfère souvent déléguer. C'est exactement le métier des hébergeurs web.

Le problème, c'est que leurs catalogues ressemblent à une carte de restaurant écrite en klingon. Mutualisé, VPS, dédié, cloud, managé... Voyons comment t'y retrouver.

Ce que tu loues vraiment

Quand tu paies un hébergement, tu ne loues pas un site web. Tu loues une part de machine allumée 24 heures sur 24, reliée à Internet par une connexion très rapide, avec quelqu'un pour la surveiller.

Concrètement, l'hébergeur te fournit trois choses. De l'espace disque pour y déposer tes fichiers. De la puissance de calcul pour exécuter ton code. Et une adresse joignable depuis n'importe où, sous forme d'une adresse IP vers laquelle ton nom de domaine pointera.

Il s'occupe aussi de tout ce que tu ne vois pas. Les mises à jour de sécurité du système, l'électricité, la climatisation, la redondance des disques, la connexion réseau de secours, et le technicien qui se lève à 3 heures du matin quand un serveur tombe.

Les grandes familles d'hébergement

Les offres se rangent dans quelques catégories, de la plus simple à la plus puissante.

  • L'hébergement mutualisé : tu partages une machine et ses ressources avec des dizaines, voire des centaines d'autres clients. Chacun reste dans un espace cloisonné, personne n'a accès à tes données. Tu ne gères rien, tu déposes tes fichiers et c'est en ligne. C'est le moins cher, quelques euros par mois.
  • Le VPS : un serveur virtuel privé. La machine physique est toujours partagée, mais tu disposes de ta propre machine virtuelle avec ses ressources réservées et un accès complet. Tu peux y installer ce que tu veux, en contrepartie tu deviens responsable de sa maintenance.
  • Le serveur dédié : une machine physique entière rien que pour toi. Puissance maximale, contrôle total, prix et responsabilité qui vont avec.
  • Le cloud : des ressources qu'on augmente ou réduit à la demande, facturées à la consommation. Pratique quand le trafic est très irrégulier. Nous y consacrerons le chapitre Le cloud.
  • L'hébergement managé : une variante des précédents où l'hébergeur s'occupe aussi de la couche applicative, par exemple les mises à jour de ton CMS, les sauvegardes et la sécurité. Plus cher, mais tu dors mieux.

Il existe aussi des hébergements dits statiques, gratuits ou presque, qui se contentent de servir des fichiers HTML sans exécuter de code côté serveur. Parfait pour un portfolio ou un blog généré à l'avance, insuffisant dès que ton site doit stocker quoi que ce soit.

Quel besoin pour quel hébergement

La première question à se poser n'est pas technique, elle est business. Que doit faire ton site, et pour combien de visiteurs ?

Exemple :

Tonton Jean-Michel est coiffeur à domicile. Pour se faire connaître dans la région, il veut un site présentant son entreprise, ses tarifs et un formulaire de contact. Il espère quelques centaines de visiteurs par jour, avec un pic le dimanche soir quand les gens réalisent qu'ils ont une tête impossible pour le lundi.

Un hébergement mutualisé à quelques euros par mois couvrira ce besoin les doigts dans le nez.

Portfolio, site vitrine de PME, blog, site associatif, dans l'immense majorité des cas le mutualisé suffit. La question d'un VPS ou d'un serveur dédié se pose quand tu proposes une application web complexe, une boutique en ligne avec beaucoup de trafic, ou que tu as besoin de technologies particulières que le mutualisé n'accepte pas.

Si tu as déjà une vraie idée business et une vision des technologies à utiliser, n'applique pas aveuglément ce chapitre. Le bon hébergement est celui qui correspond à ton projet, pas celui d'un tutoriel générique.

Retiens pour la suite que tu auras besoin d'un hébergement fournissant une base de données et le support du langage PHP, la combinaison la plus répandue et celle qu'attendent des CMS comme WordPress. Ça tombe bien, c'est la configuration de base chez à peu près tous les hébergeurs. Autrement dit, prends le moins cher, ça fera le taf. Tu pourras changer d'offre plus tard si ton succès l'exige.

Ce qu'il faut regarder dans une offre

Au-delà du prix affiché, quelques critères méritent un coup d'oeil avant de sortir la carte bleue.

  • Le certificat SSL : il permet à ton site d'être servi en HTTPS, donc chiffré. Il doit être inclus et renouvelé automatiquement. C'est le standard depuis des années et les navigateurs affichent un avertissement sans lui. Voir le chapitre Le chiffrement.
  • Les bases de données : combien peux-tu en créer, et de quelle taille ? Une seule suffit pour un site, mais deux offres au même prix ne se valent pas forcément.
  • Les boîtes email : beaucoup d'offres incluent des adresses sur ton nom de domaine. Un vrai plus, que nous détaillerons dans Email et nom de domaine.
  • Les sauvegardes : automatiques ou à ta charge ? Sur combien de jours d'historique ? Le jour où tu casses ton site, cette ligne du contrat devient la plus importante de toutes.
  • La localisation des données : des serveurs en Europe simplifient beaucoup ta conformité au RGPD.
  • Le support : en français, joignable, avec de vrais humains. Tu t'en fiches jusqu'au jour où tu ne t'en fiches plus du tout.

Les promesses de trafic illimité ou d'espace disque illimité sont surtout des arguments marketing. Aucune ressource n'est infinie, il y a toujours une limite quelque part dans les conditions générales.

Les pièges classiques

Le premier, et de très loin le plus courant, est le prix d'appel. Une offre à un euro par mois la première année peut passer à dix ou quinze euros au renouvellement. Regarde toujours le tarif hors promotion avant de t'engager, c'est celui que tu paieras le plus longtemps.

Le deuxième est l'engagement. Beaucoup d'offres promotionnelles imposent un an ou trois ans de facturation d'avance. Ce n'est pas forcément un problème, mais il vaut mieux le savoir.

Le troisième est la migration. Changer d'hébergeur reste faisable, mais ça demande de déplacer les fichiers, d'exporter puis réimporter la base de données, et de modifier les enregistrements DNS de ton domaine. Rien d'insurmontable, juste une soirée que tu préférerais passer autrement. Certains hébergeurs proposent d'ailleurs de s'en charger gratuitement pour attirer les clients de la concurrence.

Mon choix personnel

Perso, j'utilise l'hébergeur allemand Ionos depuis 2009, et le site que tu lis y est hébergé. Ionos ne sponsorise pas ce chapitre, j'en parle simplement parce que je suis satisfait de leurs services depuis suffisamment longtemps pour en juger.

Si tu souhaites t'abonner chez eux tout en me soutenant, ce serait super cool d'utiliser mon lien de parrainage http://aklam.io/x7PPu4 pour me faire gagner quelques deniers.

Cela dit, les alternatives sérieuses ne manquent pas. OVH, Infomaniak, Scaleway, Hostinger ou o2switch ont toutes leurs partisans convaincus. Prends le temps de comparer, mais ne passe pas trois semaines dessus. Pour un premier site, la vraie différence se fera sur ton contenu, pas sur ton hébergeur.

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