Chapitre 6.16Acheter un nom de domaine

Ton adresse sur le web.

3 minutes de lecture

Acheter un nom de domaine est une des rares opérations informatiques qui prend cinq minutes et coûte le prix d'un sandwich. C'est aussi une des rares qu'on regrette dix ans plus tard, quand la marque a changé, que le domaine est coincé chez un prestataire injoignable ou qu'il a expiré un dimanche soir. Autant faire les choses proprement du premier coup.

Bien choisir le nom

Avant même de parler prix, prends dix minutes pour tester ton candidat. Un bon nom de domaine se dicte au téléphone sans avoir à épeler.

  • Court et prononçable : si tu dois préciser "avec un tiret" ou "deux L", tu passeras ta vie à le répéter.
  • Sans piège orthographique : évite les chiffres, qui se tapent aussi bien en lettres, et les homophones.
  • Libre côté marques : un domaine disponible n'est pas un droit d'usage. Une vérification rapide dans la base de l'INPI t'évitera une mise en demeure quelques mois plus tard.
  • Cohérent avec les réseaux sociaux : vérifie au passage que le même identifiant est libre ailleurs, ça simplifie toute la communication.

Méfie-toi des lectures accidentelles quand tu colles deux mots. Les exemples de domaines mal découpés qui donnent un second sens involontaire sont une plaie classique du web, et personne dans l'équipe ne le remarque avant la mise en ligne. Fais relire le nom à voix haute par quelqu'un d'extérieur au projet.

Où acheter

La plupart des hébergeurs web sont aussi des registraires, et certains hébergements incluent dans leur pack un nom de domaine gratuit la première année. En achetant les deux au même endroit, l'hébergeur configure le DNS automatiquement pour que ton nom de domaine pointe sur ton hébergement, ce qui t'évite de manipuler toi-même les enregistrements vus dans le chapitre sur le DNS.

Note bien que tu pourras dans le futur ajouter d'autres noms de domaine. Tu peux tout à fait avoir plusieurs sites sur le même hébergement.

Cela dit, séparer le registraire de l'hébergeur a un vrai avantage. Le jour où tu changes d'hébergeur, ce qui arrive plus souvent qu'on ne le croit, tu gardes la main sur ton nom de domaine et tu n'as pas à négocier son départ avec un prestataire que tu quittes.

Les prix et les pièges

Le tarif de base dépend surtout de l'extension, et nous l'avons vu dans le chapitre sur les TLD. Ce qui varie d'un registraire à l'autre, c'est le catalogue d'extensions proposées et, surtout, la façon d'emballer le prix.

  • Le tarif d'appel : la première année à un euro suivie d'un renouvellement au prix fort est la norme. Regarde toujours le prix de renouvellement, pas celui affiché en gros.
  • Les options ajoutées d'office : certificat, pack mail, protection Whois payante. Décoche ce dont tu n'as pas besoin, l'anonymisation des données personnelles est souvent gratuite ailleurs.
  • Les domaines premium : un nom court et recherché peut être facturé plusieurs centaines d'euros par an, et pas seulement à l'achat.

Attention aussi aux extensions soumises à conditions, comme le .fr et ses règles de résidence, ou le .paris qui exige un lien avéré avec la ville de Paris. Le registre peut te demander de le justifier, y compris plusieurs mois après l'achat, et supprimer le domaine si tu ne réponds pas.

Après l'achat

Une fois le parcours de commande terminé, il faut patienter quelques minutes, parfois quelques heures, le temps que le registre enregistre le domaine et que les serveurs de noms se mettent en place. Deux réglages méritent d'être faits dans la foulée.

  • Le renouvellement automatique : active-le, et associe-lui une adresse de contact générique suivie par plusieurs personnes. Nous avons déjà vu pourquoi, une carte bancaire expirée et un salarié parti suffisent à faire disparaître un domaine.
  • Le verrouillage du transfert : activé par défaut chez la plupart des registraires, il empêche qu'on déplace ton domaine ailleurs sans ton accord. Laisse-le en place.

Expiration et transfert

Quand la date d'expiration arrive sans renouvellement, le domaine ne redevient pas immédiatement libre, il traverse plusieurs phases. Le site cesse d'abord de fonctionner, puis le domaine entre pendant environ un mois en période de rachat, où tu peux encore le récupérer moyennant des frais parfois salés, avant d'être enfin remis sur le marché. Des acteurs spécialisés surveillent en permanence ces libérations pour capter les domaines qui ont un historique et de l'audience.

Le transfert d'un registraire à un autre suit un rituel bien précis. Tu déverrouilles le domaine chez l'ancien, tu récupères un code d'authentification (appelé code auth ou code EPP), tu le fournis au nouveau, et tu valides le mail de confirmation. Compte quelques jours, et sache que le transfert prolonge en général la durée d'enregistrement d'un an.

Vérifie une bonne fois pour toutes qui est titulaire de tes domaines. Il n'est pas rare qu'ils aient été enregistrés au nom personnel d'un ancien prestataire ou du stagiaire de l'époque. Tant que ce n'est pas corrigé, l'entreprise ne possède pas vraiment son adresse.

Exemple :

Une boutique en ligne prépare son passage à une nouvelle plateforme. L'équipe découvre la veille du lancement que le domaine est enregistré chez l'agence qui avait construit l'ancien site, avec une adresse de contact qui n'existe plus. Résultat, deux semaines de retard passées à prouver au registraire qu'elle est bien la propriétaire légitime. Un quart d'heure de vérification six mois plus tôt aurait suffi.

PrécédentLa programmation objet Tous les chapitres