Internet et web... on utilise ces termes tous les jours de façon interchangeable. Pourtant, ce sont deux choses distinctes.
La naissance du Web
En 1989, l'Organisation européenne pour la recherche nucléaire (CERN) était déjà connectée à
Internet.
Le chercheur britannique Tim Berners-Lee, assisté du Belge Robert Cailliau, imagine un outil basé sur Internet pour partager facilement des documents scientifiques.
En gros, son projet était de mettre à disposition ce que nous appelons aujourd'hui un site.
Il l'a appelé World Wide Web, abrégé en Web. Eh oui, c'est de là que vient le "www" !
L'idée de "web (toile)" vient de l'interconnexion entre les pages grâce aux liens, donnant l'impression de voyager à travers une toile d'informations.
Ces liens sont qualifiés "d'hypertextes" car ils permettent de créer des connexions dynamiques entre différentes ressources, offrant une navigation non linéaire.
Contrairement à un texte classique, où la lecture suit un ordre fixe, les hypertextes donnent à l'utilisateur la liberté de choisir son chemin,
transformant l'accès à l'information en une exploration interactive et intuitive. Le mot "hypertexte" a été forgé en 1965 par Ted Nelson, dont le projet a inspiré Tim Berners-Lee.
Le concept en lui-même provient d'un article de Vannevar Bush publié en 1945, qui imaginait une machine reproduisant les connexions naturelles de la pensée humaine pour explorer l'information.
Les trois piliers
Le nom "Web", qui désignait à la base l'outil, a évolué pour représenter tout l'écosystème des technologies développées pour le projet.
En particulier, les trois piliers :
- HTML (HyperText Markup Language) : le langage utilisé pour structurer et afficher les pages Web.
- HTTP (HyperText Transfer Protocol) : le protocole permettant la communication entre clients et serveurs Web, que nous détaillerons dans le chapitre qui lui est consacré. Tim Berners-Lee a d'ailleurs développé en 1990 le premier navigateur Web, baptisé lui aussi "WorldWideWeb" puis renommé "Nexus" pour éviter la confusion, ainsi que le premier serveur Web, "CERN httpd".
- URL (Uniform Resource Locator) : les adresses uniques pour identifier les ressources sur le Web.
En 1993, le CERN a pris une décision cruciale, celle de verser les technologies du Web dans le domaine public. Sans redevance à payer, n'importe qui pouvait écrire son propre navigateur ou monter son propre serveur, et c'est très largement ce qui explique l'adoption massive qui a suivi.
Les trois âges du Web
Avec le temps, les usages du Web ont évolué, marquant des étapes majeures dans son développement. La vie du Web est souvent découpée en trois phases, trois versions, reflétant les avancées technologiques et les changements dans la manière dont nous interagissons avec l'information.
- Web 1.0 : le Web "statique" (années 1990 - début 2000). C'était une plateforme essentiellement composée de pages fixes, où les utilisateurs étaient principalement des consommateurs d'informations. Les interactions étaient limitées, et les contenus étaient créés uniquement par les administrateurs des sites.
- Web 2.0 : le Web "social et interactif" (années 2000 - aujourd'hui). Avec l'apparition de blogs, des réseaux sociaux et de plateformes collaboratives, les utilisateurs deviennent des créateurs de contenu. Le Web 2.0 repose sur l'interactivité, le partage et les communautés en ligne. Les nouvelles technologies ont permis des interfaces plus fluides et dynamiques.
- Web 3.0 : le Web "intelligent et décentralisé" (émergent). Cette phase s'appuie sur des technologies avancées comme la blockchain, l'intelligence artificielle et les données sémantiques. On en a beaucoup entendu parler au début des années 2020, porté par l'essor des crypto-monnaies, avant que l'engouement ne retombe.
Le Web n'est qu'un usage d'Internet
Pour résumer, le Web est une application d'Internet, comme la météo est une application sur ton smartphone. Parmi les autres applications d'Internet, on retrouve entre autres : les emails, la messagerie instantanée, le partage de fichiers, le streaming et les visioconférences, qui utilisent parfois des protocoles différents de ceux du Web.